C’est la façon édulcorée de dire quartier pauvre, histoire de ne vexer personne, sans doute. Bref, il s’agit ici d’un quartier très populaire…
Rue Jean-Moinon, vue d’ensemble :

L’homme assis à la seule table du café buvait un jus de tomate. Rien à voir avec l’histoire, mais ça me tentait de le dire.
Détail :

Noter le linge pendu aux fenêtres. Cette rue rappelle Porto, les couleurs en moins.
Mais continuons. À l’angle des rues Jean-Moinon et Sainte-Marthe, on trouve quelques vestiges d’une grève récente des éboueurs :

Chose amusant, quelqu’un a cadenassé trois vélos et un pneu au poteau !
Sur la rue Jean-Moinon, en face du pneu, l’invitante porte du numéro 18 :

Ensuite, ça devient plus coloré, tout en restant très populaire :

Plus loin béait une seconde porte, plus convenable celle-là. Ma curiosité naturelle l’emporta sur la plus élémentaire prudence : je ne fis ni d’une ni de deux et je m’y glissai, telle une ombre, longeant les murs avec une souplesse que le grand Houdini seul eût été en mesure d’apprécier.
Bref, je manoeuvrai habillement jusqu’au fond du couloir et tombai, la mâchoire dévissée à force de stupéfaction, sur un spectacle sordide : le fameux Gang des cinq Chinois de Belleville, bien connu des hirondelles, se livrant au grand jour à la contrefaçon de boites de riz Uncle Ben !

Je les dénoncai aussitôt, bien entendu, ce qui fit grand bruit : les enquêteurs dépéchés sur les lieux me saluèrent comme l’un des leurs et j’eus droit encore une fois à quelques articles élogieux dans les journaux du soir !
Décidément, ces frenchies m’ont à la bonne.