Que se passe-t-il après un quart d’heure ?
Sur les toilettes publiques, à Paris, un pannonceau indique que le temps d’utilisation maximal est de 15 minutes :
Ça l’air de rien vu comme ça, mais imaginez un peu la réunion au cours de laquelle cet important aspect fut déterminé !
(Nous sommes dans la salle de réunion personnelle du président de la Compagnie des lieux d’aisance de passage, SARL au capital social de 1 000 000 de francs. Les discussions vont bon train. Le président va prendre la parole.)
- Mais amis, s’il vous plait… Bon, voilà : comme vous le savez, nous nous réunissons aujourd’hui pour déterminer la durée maximale d’utilisation de nos cabinets de passage. J’ai demandé que chacun d’entre vous chronomètre ses propres activités pendant un mois. Forts de ces statistiques, nous pourrons, je crois, fixer cette durée. Monsieur le conte Lagasse de Burval, pouvez-vous nous donner votre constat le premier ?
- Certe, monsieur le Président… Voici : selon mes calculs, je ne reste jamais plus de trois minutes aux waters lorsque je suis pressé, ce qui est généralement le cas. Par contre, le dimanche avant le déjeuner, il m’arrive de muser, ce qui porte alors mon temps à quinze minutes tout au plus, monsieur le Président.
- Parfait, parfait. Bon, à vous madame de la Pétarade, donnez-nous vos métriques s’il vous plait…
- Monsieur le Président, chacun de mes passages de ce mois a duré entre cinq et huit minutes, la moyenne pondérée étant de six minutes sept seconde et l’écart type, de une minute vingt.
- Bien, bien. Je rappelle à tous que madame de la Pétarade souffre d’occlusions intestinales chroniques assez graves, lesquelles rendent ces statistiques particulièrement intéressantes. Bon, au suivant, monsieur de Breteuil ?
- Monsieur le président, j’ai obtenu une moyenne de … 45 minutes.
(Stupeur.)
- Monsieur le président, vous vous étonnerez sans doute de mon score, mais veuillez considérer qu’étant avocat, j’ai l’habitude d’emporter mes dossiers lorsque je passe au cabinet !
(Rires.)
- Eh bien, vous ne manquez donc jamais de papier…
(Rires.)
- Ha ha ha ! Bien, monsieur de Breteuil, bien, bien… Bon, je vous remercie tous de vous être soumis de bonne grâce à cet important exercice. Je propose que nous laissions à notre Service statistique le soin de compiler vos données. Je profite maintenant de votre présence pour vous faire part d’une décision qui fut rendue hier par notre Service juridique sur un tout autre dossier : Comment obliger l’utilisateur à quitter le cabinet une fois écoulé son temps imparti.
(Le président boit un peu d’eau.)
- Je vous rappelle les options que nous avions retenues : éteindre la lumière, démarrer une puissante sirène et bien entendu, ouvrir la porte. Notre service juridique a planché fermement sur ce problème et a conclu que toute action désagréable pour l’utilisateur, fut-il prévenu, pouvait nous conduire aux tribunaux. Nos chances de remporter tel procès seraient par ailleurs fort minces. Nous avons donc conclu que nous ne ferions rien. Voilà. Nous nous revoyons cette après-midi pour débattre du point soulevé par monsieur de Breteuil la semaine dernière : hormis le vol, quels risques doivent être impérativement couverts par la police d’assurance que nous souscrirons.

Caco a écrit,
March 3, 2007 @ 8:49 pm
Fort amusant !
Danyelle St-Louis a écrit,
March 3, 2007 @ 11:07 pm
Salut Sylvain, j’ étais contente de te lire cet après-midi. Je constate que ton humour n’ a pas changé. Je trouve ton histoire très songée. Au fait, ton spiderman ne donne pas envie de devenir super héros. Je trouve que tu as l’ air bien et je suis contente de te voir en forme. Bye Ta vieille tante. (J’ai 49 ans aujourd’hui 3 mars)
Jean-Claude St-Louis a écrit,
September 10, 2007 @ 8:30 pm
Salut Sylvain! J’ai bien ri! Ça m’a rappelé ces réunions hebdomadaires des directeurs de service, où durant deux heures, chacun racontait sa fin de semaine, une histoire drôle, un fait cocasse, etc. et d’où on sortait sans trop savoir quelle était vraiment le but de la réunion, convoquée par le directeur général. Aucun des sujets, dans l’ordre du jour, n’avait été abordé.
Jean-Claude