Saint-Floret et son curieux cimetière celte

Saint-Floret est une commune située dans une petite vallée du Puy-de-Dôme (dans le massif central où nous étions, mais également dans le dictionnaire, un puy est une montagne). Son cimetière est juché sur une colline avoisinante. La particularité de ce cimetière est la présence de sarcophages creusés dans la pierre du sol, vestiges d’un cimetière celte (photo plus bas). Cela dit, il pleuvait lorsque nous avons visité la ville en bas mais il faisait soleil une fois en haut - certaines photos sont donc en noir et blanc et d’autres, en couleurs… On fait ce qu’on peut :o)

Petite photo du cimetière en premier lieu, d’une part parce qu’elle présente un beau contre-jour et d’autre part parce que… ben y’a pas d’autre part… Mais notez quand même le buisson ardent :

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Saint-Floret vu du cimetière. Cette petite ville possède un château - ou plutôt : les restes d’un château médiéval qui, parait-il (je n’ai pu le visiter) serait doté de fresques qui valent le déplacement. Le château est un peu sur la gauche et vaguement vers le haut. Le donjon est proéminent. Notez le petit nombre de maisons - 259 personnes y vivent régulièrement.

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(Note : une photo prise du village lui-même est disponible ici.)

Façade d’une maison. Le cadrage n’est pas terrible mais il est intéressant de constater la présence de ce petit passage vers la cour intérieure. Des cordes à linge sans linge étaient suspendues dans ce passage. Autre aspect intéressant, c’est celui de cette façade, justement : comme j’ai pu le constater souvent en France, le fait qu’une maison ne paie pas de mine lorsqu’on la regarde depuis la rue ne veut rien dire quant à l’allure du jardin ou de l’intérieur. J’ai vu à Malakoff des maisons franchement laides dotées de jardins franchement beaux. Et lorsqu’il m’arrive de jeter un oeil par une fenêtre, je suis le plus souvent surpris.

Cela dit, cette façade-ci est un contre-exemple : l’arrière et l’intérieur sont à l’avenant :

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Le petit pont de pierre qui enjambe le torrent. Au centre du pont figure une niche vitrée dans laquelle une madone colorée, entre deux pots de fleurs de plastique, regarde le vide.

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En face du pont, un petit passage donne dans une cour d’où on peut apercevoir la petite église et les vestige du château (c’est la première fois que je voyais un château fort construit au fond d’une vallée !) :

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Voici ce que j’ai pu lire à propos de ce château : Le dauphin d’Auverge, comte de Clermont, fit don de cette terre à l’un de ses vassales en 1225, à condition que ce dernier protégeât cette dernière par un château fort. Ce château, construit peu après, fut ensuite agrandi au XIVe siècle. La grand salle possède une fresque évoquant le Roman de Tristan dans un délire de couleurs. Une photo est disponible ici.

L’origine de l’expression « dauphin d’Auvergne » est curieuse : Dauphin était le second prénom du comte Viennois Guigues IV, dont la fille, la marquise d’Albon, une grande maigre au nez pas possible (non, j’invente, là…), épousa Guillaume VII dit Guillaume le Jeune. Or, Guillaume le Jeune était le neveu de Guillaume VIII dit… Guillaume le Vieux (8 était plus vieux que 7, vous suivez toujours ?), lequel avait usurpé une partie des droits de son neveu. Bon, toujours est-il que le prénom Dauphin, bien que rare, existait au moyen-âge, et que ce fut en mémoire d’un bonhomme prénommé Daupin que le titre de dauphin apparût. En découlèrent les mots Dauphiné, dauphinois, pomme dauphine, etc. Cela dit, même si ma blonde a le dos fin, ça n’en fait pas une héritière, hélas !

L’intérieur de la petite église - la petite dame fort sympathique qui ouvre les portes de l’église pour les (rares) touristes nous racontait qu’il n’y avait pas de curé sur place. C’est le curée d’une autre paroisse qui vient dire la messe à l’occasion (généralement pour un baptême ou, le plus souvent, pour un enterrement…). Mon collègue, les très-sportif et très-cultivé PAN a confirmé le tout : en fait, rare sont les communes possédant un curé, le curé français se faisant rare (on cultive davantage l’imam, ici) :

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Ma blonde devant les vestiges d’une maison construite à flanc de montagne :

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Cour intérieure d’une maison située un peu plus haut sur la rue. Les escaliers sans rampe sont souvent décorés de pots de fleurs et l’ensemble est toujours agréable :

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À vendre, joli cottage en campagne, idéal pour retour à la terre, décoration d’époque, grand balcon avec vue sur la ville :

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Note à propos de cette maison et des maisons effondrées des campagnes françaises en général : personne n’y habite. Généralement, le truc effondré est un élément d’un ensemble beaucoup plus grand (maison démesurée ceinte d’une étable, d’un garage pouvant recevoir quelques tracteurs dont ceux des amis, d’un poulailler, d’un pigeonnier parfois, voire d’une écurie). À l’époque où les familles étaient nombreuses et où on élevait des animaux avec le même enthousiasme que nous mettons à élever nos enfants, ces grands ensembles étaient vivants et se tenaient droits. Mais les temps ont un peu changés : les familles sont maintenant constituées de trois, deux, voire d’une seule personne et le mot poule leurs rappelle sans doute davantage la secrétaire du bureau que l’animal dont la première s’inspire (je ne vais pas me faire des amies avec ça, moi…). Bref, ceux qui ont hérité de grands ensembles n’ont ni le temps, ni les sous, ni l’utilité d’entretenir le tout. Le plus souvent, une partie s’écroule alors qu’un segment de la maison familiale a été rénové à neuf. En particulier, la maison correspondant à l’étable (?) effondrée de la photo précédente, était en partie pimpante. Le proprio s’enorgueillissait sans doute d’un lave-vaisselle dernier cri, d’un chauffe-eau dernier modèle, d’une antenne parabolique géante, d’un lien ADSL à 10 MBits, et peut-être même d’un BeerTender de Heineken !

En montant vers le cimetière, cet écriteau qui m’aura renseigné sur un truc important : à l’origine, la place forte était au sommet de la colline, et non au fond de la vallée (me semblait, aussi !). On y apprend également que la présence de l’homme remonte au moins au premier siècle avant JC, que le torrent s’appelle la Couze Pavin, et que les tombes anthropomorphes et que l’église qui les obombre remontent à la période du Haut Moyen-Age (lequel s’est étendu du Ve au IXe siècle après JC).

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Enfin un peu de soleil ! Notez la nature - et les couleurs intéressantes - du sol :

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Les murets sont légion en France, dans les campagnes bien sûr, mais dans les villes également. Ils sont généralement constitués de gros moellons (oui : un moellon est par définition une pierre de petite dimension - mais vous me comprenez…) et d’un mortier grossier :

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L’église du XIIe siècle et le cimetière. Gardez à l’esprit que cette église - dite Saint-Flour - remonte au Haut Moyen-Age (mille ans, quand même !). Le cimetière est habité par les anciens villageois, bien sûr, mais il est intéressant de noter que nombre d’entre eux ont été tués par les Allemands. La dame (fort sympathique) qui ouvre les portes de l’église aux (rares) touristes, nous a raconté son enfance. Elle avait six ans lorsque les Allemands ont surgi à Saint-Floret, après quelques jours de bombardement aérien (ça pétait de partout, nous a-t-elle dit). Ils cherchaient des résistants, dont son père faisait partie. Pendant quelques semaines, elle devait se présenter tous les jours devant un Allemand. Il lui demandait chaque fois où était son père et elle répondait inlassablement ce que lui avait appris sa grand-mère : « Je n’ai pas de papa ».

La petite avait 6 ans. Elle a vu quelques fois des voisins qu’elle connaissait bien se faire fusiller contre un mur de la commune. Elle nous racontait le tout sans méchanceté, mais avec un peu de crainte dans les yeux et dans la voix. Elle disait : « les Fritz » pour désigner les Allemands, mais se reprenait aussitôt : « Je dis les Fritz, mais c’était la plupart du temps des gens tout à fait corrects qui ne faisaient qu’obéir aux ordres… ».

Elle nous a ainsi parlé de son enfance pendant une bonne demi-heure. Non pas qu’elle fut loquace, mais nous nous ingéniâmes à lui poser toutes les questions qui nous passaient par la tête. Elle répondait toujours de bonne grâce, contente sans doute qu’on s’intéressât à son passé.

Elle était vêtue d’un châle de laine que je trouvai léger pour la saison, et surtout de souliers d’été. Je lui ai demandé s’il était possible de faire un don pour l’église (aucune boite n’était visible) et elle parut surprise : non, ce n’était pas possible…

Fort charmante dame, donc, à qui je souhaite la plus belle des retraites. L’église du Haut Moyen-Age, donc, et le cimetière attenant :

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Il est toujours étonnant de lire les épitaphes. Ici, nous apprenons que la famille d’Ignace Mignon se repose :

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Photo intéressante (mêler une croix et le soleil est toujours intéressant) :

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Les fameuses tombes anthropomorphes. Notez l’emplacement de la tête bien défini. Pour la petite histoire, il est intéressant de savoir que chacune de ces tombes aura servi à plusieurs personnes. En fait, il était possible de prendre la place d’un mort (dont les os étaient évacués dans l’ossuaire) à condition d’en conserver un os important. Ainsi, j’aurais pu prendre la place de mon grand-père pour peu qu’on m’enterrât avec le cubitus de ce dernier…

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Une dernière vue du cimetière et du paysage environnant :
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2 Commentaires »

  1. mom a écrit,

    January 17, 2007 @ 1:25 pm

    Je ne peut imaginer des gens vivant dans ces maisons, on dirait des ruines….très impressionnant….bonne journée, mom

  2. Amours, délices et orgues » Mise à jour ! a écrit,

    January 17, 2007 @ 10:49 pm

    [...] L’article précédant a été (copieusement) mis à jour. Bonne lecture ! [...]

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