À propos de Châlon-en-Champagne…
Mon train Paris-Colmar (ou Colmar-Paris) stoppe souvent à Châlon. Il s’agit soit du premier arrêt (quand je vais à Colmar), soit du dernier (quand j’en reviens). Châlon est située à un peu plus d’une heure de Paris environ, soit à 190 km.
À force d’entendre : « Châlon-en-Champagne, une minute d’arrêt. », j’ai fini par me dire qu’il serait intéressant d’y passer une fin de semaine, juste pour voir. Ce que nous finîmes par faire, Nathalie et moi, en 2003.
C’était l’automne. Il faisait froid et pleuvait généralement. Nathalie et moi s’étions donné rendez-vous au café de la gare (la Providence a placé un café de la gare dans toute les villes de France, sans doute pour facilité la tâche à ceux qui s’y donnent rendez-vous…).
Je me souviens d’une atmosphère et d’une faune assez inédite dans ce café : l’éclairage était trop puissant ; un édenté à ma droite regardait le comptoir en buvant tranquillement des kros ; plus loin, derrière les volutes de fumée, une famille de gros jouait aux cartes. Un homme vêtu de noir lisait le journal local derrière-moi. Plus loin, et debout près de la porte vitrée, un voyageur attendait ; il tenait un parapluie noir dans la main droite et un petit sac mal refermé dans la gauche.
Or, tout était curieusement silencieux. Les joueurs de cartes jouaient en silence, le buveur de kro buvait en silence, le lecteur lisait en silence, le barman lui-même lavait ses verres en silence… J’étais plutôt mal à l’aise.
Aussi ne sommes-nous pas resté sur place. Dès que Nathalie pointa le bout de son nez, je lancai un euro au barman et détalai.
Nous avions réservé une chambre à l’hôtel du Renard, tout juste en face du café de la gare (c’est une petite ville…). L’annonce disait :
Au coeur de la ville du XVe siècle, entre jardin et cathédrale, arts du cirque et théâtre national, l’établissement vous propose 35 chambres tout confort dans un style minimaliste et original.
Les chambres — ou en tout cas la nôtre — étaient fort minimalistes, en effet : un lit placé de traviole (il n’aurait pu entrer autrement) dans un trop petit espace coloré de jaune, de bleu et de rouge. Notez la télé suspendue au mur qui fait face au lit et, surtout, les haut-parleurs curieusement nichés sur une colonne naissant entre les oreillers…
Et une grêle glace pour tout décor…
Bref, l’un des plus mauvais hôtel que nous ayons fréquenté en France. Du moins pour le prix.
Cela dit, le séjour fut fort intéressant. Nous y apprîmes que Châlon avait été envahie par les Vandales au Ve siècle, que les Normands avaient envahi et bûlé la ville au IXe siècle, qu’une grave crise économique avait frappé la région au XIIIe siècle et que la famine et la peste ravagèrent le coin au XIVe siècle…
Bref, la guigne.
Cela dit, au XVe siècle, Jeanne d’Arc, en route pour Reims, fit hâlte à Châlon. Elle dormit à l’hôtel du Renard, lequel jouxtait le nôtre (que n’ai-je su plus tôt !). Une poutre d’époque et un petit panonceau placés à l’entrée de cet hôtel rappellent ce moment :
Jehanne-d’Arc, la ci-devant Pucelle dont frémirent les Anglois, passoit et dormoit en cet hostel en compagnie du prochain sieur Charles VII. Elle y concevit mains stratagèmes qu’hélas aucun n’arriva à la séparer du bûcher !
Quelques photo de la ville :
Une maison d’époque (l’architecte buvait sans doute en cachette - notez les poutres, leur longueur vaguement juste et leur direction approximative !) :
L’église :
Le Mau (le cours d’eau qui traverse la ville) :
Un souvenir de la dernière :
Nous sommes tombé sur le marché aux puces (vide-grenier ?) du coin :
Oh, c’était là la 300e photo de ce blogue, les copains !
Quelques pub d’époques. La crême Éclipse d’abord, qui éclipse tous les cirages :
Mais également le vin tonique Byrrh :
Le Mau, un peu plus loin :
